Les prix s'ajustent, les acheteurs reviennent

Propos recueillis par Alexandre Debouté pour le Figaro
Mise à jour : le 01/06/2009

INTERVIEW - Charles-Marie Jottras, président de Daniel Féau, constate une baisse de 10 % à 15 % du prix des biens de luxe parisiens.

LE FIGARO.- Comment le marché parisien des appartements de luxe traverse-t-il la crise ?
Charles-Marie JOTTRAS. - Il se passe quelque chose depuis mars. Les acquéreurs reviennent. Mais on a traversé une période très dure entre l'été dernier et février. En mars, on a signé un volume d'affaires proche de celui de mars 2008. En avril, on a dépassé le volume et le chiffre d'affaires d'avril 2008, et mai devrait être bon.

Comment expliquer ce rebond ?
Les prix s'ajustent à la baisse. Depuis quelques mois, ils ont baissé de 10 à 15 %. Le marché redevient attractif pour les acquéreurs qui ont retrouvé un pouvoir de négociation, un «rapport de force» avec le vendeur perdu depuis une petite dizaine d'années.
 
Ce sont les étrangers qui achètent ?
Entre 1 et 2 millions d'euros, la proportion d'étrangers est inférieure à un tiers. Elle atteint 70 % à partir de 4 millions. Au-delà de 20 millions, les acquéreurs viennent du Golfe, de l'ex-Union soviétique ou des pays émergents. Récemment, de grosses transactions ont été effectuées au profit de Brésiliens ou d'Africains qui ont fait fortune dans les pays arabes. On observe aussi un retour de Français partis à l'étranger, notamment à Londres. Les départs, principale source de vente d'appartements de plus de 5 millions, sont enrayés.
 
Paris est-elle toujours à la mode ?
Les riches acquéreurs sont souvent déjà propriétaires à New York ou à Londres. À Paris, on monte en sophistication. C'est souvent un caprice. Les superriches veulent leur pied-à-terre dans le Triangle d'or, avenue Montaigne, avenue Foch ou à Neuilly en lisière de bois.
 
Quels biens sont les plus recherchés ?
L'étroitesse de l'offre limite le choix. Les étrangers ayant fait fortune jeunes cherchent des appartements luxueux mais plus contemporains que ceux vendus à Paris traditionnellement. Ils ne veulent pas de l'appartement de papa. Or les lofts, c'est New York et Londres. Vue l'absence d'opérations sur des immeubles résidentiels de luxe depuis longtemps, ces produits sont difficiles à trouver.
 
Que se passe-t-il dans les autres grandes capitales ?
La baisse est générale. À New York ou à Londres, le marché est frappé par la crise financière. À Manhattan, la baisse dépasse 25 % par rapport au pic de début 2008. À Beverly Hills, elle est moins importante sur les propriétés de luxe, mais le nombre de transactions recule.
 


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